Prologue

Forever wondering in between communities minds moods and mediums. I have chosen language, repetition and the appearance of transience as my home.

Statement

Emmanuelle Waeckerle interdisciplinary practice evolves between sound language and the body, exploring their performative intersections.

The idea of fluidity and flux in identity and space has been central to modernity and has always found its way into her art practice – Perhaps due to her own experience of a mixed cultural background (from Morocco to France to England, her home for 22 years).
She employs performance, video, photography, drawing, storytelling, installation and bookform to investigate Language and connecting issues of cultural and social identity.
She is currently exploring the body as Language and rediscovering some of the forgotten textures of the voice, looking into the possibilities of a vocal yet non verbal communication.
Research funded by Arts Council London and University college of the Creative Arts in Farnham where she is a senior lecturer in Visual Communication.

As Derrida says of what he calls undecidables, the neither/nor, She, as a constant outsider, always being in between, (countries, communities, languages, minds, moods and mediums), is an undecidable.

— Emmanuelle Waeckerle – London – June 2006

un texte de Dany-Josèphe Leroy sur Emmanuelle Waeckerle

E. Waeckerle ( performance – vidéo – installation ) n’est pas sans cordes à son arc m’aime si… même si elle a pour tout arc: son corps: pour toute corde: sa voix ! Corde qui, lorsqu’elle ne se relâche pas: silencio, se tend incantations chamaniques; bande cri à déchirer l’espace jusqu’à tenir dans une querelle tragicomique au ténor la dragée haute (truce) tout en inscrivant, en bonne j’ai au mêtre occidentale qu’elle est, le chiffre de son dit à gramme avant qu’il ne se retourne en son contraire, crash sur le mur du son retombe: silencio

...

A Chaque fois qu’elle décoche une flêche à tout coup atteint sa cible de mieux la rater; tant sa quête est quête d’absolu : absolu de la relation qui, au fil du pas sage du temps, de s’attacher se dénoue. Ces deux dernières oeuvres (silencio – truce) sont à l’image de l’ensemble de l’oeuvre de l’auteur: parcours ! Parcours qui se déroule au fil des pas d’une découverte qui s’anticipe sans jamais se dévoiler; naviguant entre la réalité et la fiction tout en étant à la quête d’un réel qui en se révélant s’échappe vers… un autre pas qui se trace du même mouvement qu’il s’efface.

Parcours-exploration dans ce lieu non-lieu flou-fluide entre l’être du néant et le néant d’être qui commença par le hasard ? d’une rencontre. Rencontre insignifiante pour tout un chacun sauf pour elle : Emmanuelle, qui vît dans ce jouet d’enfant, échoué dans le caniveau un chameau sans tête, un signe.

Signe d’une enfance qui ne fut pas la sienne à cette éternelle étrangère à elle-même, Française-Londonienne native de Rabat, qui perçut dans ce petit quelque chose, ce presque rien, un appel du destin: effraction dans le présent de la présence du passé en attente d’un futur qu’elle s’attela à faire avenir.

Chargeant à dos d’homme le chameau sans tête, elle l’ex-posa, objet in-solite dans les rues de Londres d’abord, de New York ensuite, demandant aux gens, dans un paradoxal périple pour un chameau, un périple de main à la main, de le transporter dans un lieu de leur choix; avec la col-laboration d’une multitude d’inconnus tissera à travers Londres et New York, un immense rèseau qui ne peut pas ne pas faire penser à l’immense toile du web sur laquelle surfent à une vitesse sidérale des millions d’inconnus en toutes directions faute d’en avoir aucune. Sédentaires-nomades à l’image de ce chameau sans tête ayant perdu la tête de l’avoir: la grosse tête.

Grosse tête d’ordinateur à les normes oeil-cylope aussi monstrueux qu’aveugle que l’on voit mais qui rien ne regarde pour mieux tout monstrer dans d’aussi indécentes qu’impudiques cons-fesses-ions. Confession qui s’ex-pose moi-je vulgaire pour mieux se dit-simuler, ne jamais s’exposer au péril de la rencontre de l’autre, le tenir à distance pour se tenir à distance de tout corps à corps sanglant certes parfois mais amoureux le plus souvent et tout hôte-temps.

Le réseau du chameau sans tête à la fois constat d’un état de fait et son contrepied déambulatoire. Inversion du sujet, de ce sujet-objet autour duquel une multitude anonyme s’uni-sens en autant de pas, gestes, traces que l’auteur – non-auteur rassemblera en un vaste mouvement de confluence dont elle fera route: la sienne !

Route des ors mais… sur laquelle s’impriment aussi infimes qu’infinis tous ces sillages en une phrase qui se répète inlassable : “Carry me along oh road !”.

Supplique adressée à la route faute de pouvoir après Auschwitz, Hiroshima, le Vietnam faire appel à un quelconque sauve-heurts, mes si…. devenu. Supplique adressée à la route m’aime si… même si l’on sait bien qu’elle nous porte moins qu’elle n’est devenue le fardeau d’un destin.

Moins christique chemin de croix que rappel biblique de la route-vie reptilienne du serpent maudit à ramper de sa vie de rampe-paon, la vie comme infinie chute de ces corps de footballeurs qui,d’une tête-shoot dans le ballon, à peine s’élèvent… déjà s’écrasent cascades de corps on the wall ( Wall Street ? )

L’oeuvre d’E. Waeckerle se situe bien plus qu’elle ne le reconnaîtrait elle-même dans un horizon judéo-chrétien, mais un horizon judéo-chrétien qui touche à sa fin… à ses cons fins.

Oeuvre qui se sous-tient dans ce monde inter mes dits errent de
l’intraduisible traduction des langues, monde entre le mot et la peau, son audiogramme et son cryptogramme quand il ne s’agit pas de cerner son espace chorégraphe.

Recherche qui ressemble à s’y méprendre à celle des Stoïciens, celle d’une autre fin : la fin de l’Empire Romain mais n’est pas sans liens, au contraire !, est en plein dans la mouvance de la différance : dit-fait rêts de l’altérité Deleuzo-derridienne du post-modermisme, post-structuralisme, de l’hommme toujours déjà né post-mortem prévu par Nietzsche : le dernier homme.
Le dernier homme qui a pour nom femme : Emmanuelle ( l’Eterne’elle est parmi nous ).

L’éternité de quoi ? Ca.. Miss taire !
A moins que ce ne soit… Miss terre !-
pour ne pas dire… Miss t’erre !

D.J.L – Paris – janvier 2002

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